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Nancy 2
Estime de soi et vie professionnelle des enseignants


PIPERINI Marie-Christine


Les attentes croisées des familles, de l’emploi (avec les qualifications et compétences dictées par le modèle de l’organisation taylorienne) et de l’institution scolaire, attachée aux notions de missions et de pérennité en même temps qu’aux réformes apportées par chaque ministre ont abouti dans cette dernière décennie à une éclosion de tensions professionnelles, voire de violences au travail, une crise de l’identité professionnelle des enseignants (B. GEAY, 2001). Le rapport au savoir et aux publics, le rapport à sa propre formation sont interrogés fortement par les enseignants dans ces situations de rupture (G. FELOUZIS, 1997, G. VERPRAET, 2001). A l’instar des mécanismes de défenses déployés contre la souffrance décrits par C. DEJOURS (2000), le niveau d’estime de soi d’un enseignant n’est-il pas à concevoir comme une réponse adaptative lui permettant de maintenir son adhésion aux conditions de travail, du au système moral et idéologique propres à son corps professionnel ?
Une enquête auprès de 600 enseignants et étudiants se préparant aux métiers de l’enseignements, avec une passation du questionnaire sur l’estime de soi de l’inventaire de S. COOPERSMITH, complétée par des entretiens de groupes sur «l’évolution de leur métier, de leurs sources de satisfaction et d’insatisfaction dans leur travail» a permis une différenciation de l’image que l’individu a de lui, des ses compétences et des attentes qu’il rencontre dans son travail.
Nos résultats montrent que :
Globalement, il n’y a pas d’évolution de l’estime de soi entre futurs professionnels et enseignants confirmés. Les deux populations se caractérisent par des indices d’estime de soi peu élevés. Selon leurs réponses, l’altération des conditions de travail des enseignants est très hétérogène. L’évolution de l’estime de soi, comme les sources de satisfaction et d’insatisfaction au travail, est liée au parcours de vie des sujets. L’avancée en âge correspond pour la femme, en particulier, à un repositionnement de ses investissements familiaux et professionnels. Mais «s’épanouir dans un environnement chaleureux» est également un facteur important chez les jeunes.


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